- Interview / Gala / Octobre 2003 -

En 2003 sort sur les écrans "Le temps du loup" de Michael Haneke avec l'excellente Isabelle Hupert. Voici une petite interview accordée à l'hebdo Gala:

Arletty moderne perchée sur 12cm de talons, Béatrice Dalle déboule au rendez-vous avec un petit quart d'heure de retard, un paquet de clopes dans une main, son portable dans l'autre (sa sonnerie? Un miaulement de chat...). Joyeuse,charmeuse,gouailleuse,sa réputation de bad girl n'est plus qu'un lointain souvenir, ou presque...

La légende veut que vous acceptiez les films sans même avoir lu le scénario... Vrai ou faux?

Claire Denis, Abel Ferrara, Jacques Doillon, Jim Jarmusch ou Michael Haneke, j'y vais à genoux car je les admire. Idem pour Youri Nasrallah que je viens de tourner au Liban: j'ai dit oui sans même regarder le scénario. D'ailleurs, c'était un pavé, j'aurais mis 20 ans à le lire! En vérité, j'apprends mon texte la veille du tournage. J'ai une mémoire phénoménale, je peux enquiller toutes mes répliques à la queue leu leu.

Comment abordez vous vos rôles?

Quand j'entends: "moteur", je donne mon coeur. Je dis: servez-vous! Je donne tout, je ne peux pas faire ce métier d'une autre façon. Alors, oui, c'est parfois tellement émotionnel que ça me calcine. Je ne joue pas mes rôles, je les vis.  Le mensonge, c'est du calcul, ça me dégoûte. Si je pleure dans une scène, c'est parce que j'y crois. D'ailleurs quand un film s'arrête, ma vie s'arrête. Je ne suis pas seulement folle de cinéma, je suis folle des gens aussi. Je suis sur terre pour aimer les gens et les respecter, même si je sais me défendre puisque je suis née dans la rue. Je n'ai pas reçu d'éducation. Avant de faire du cinéma, j'étais une marginale. D'ailleurs je reste toujours attiré par les marginaux...

Avez vous quand même des garde-fous?

Aucun. C'est de pire en pire, je ne m'assagis pas. Je ne cherche même plus à me gérer. Dès qu'il y a une faille, je me vois partir. Si le chemin est cabossé, je le prends. Je vais là ou ça brûle, là où il ne faut pas aller. Je n'ai pas de limites. Mais je ne fais de mal à personne, si ce n'est à moi. Après tout je n'ai pas de responsabilités. Je n'ai pas d'enfants, par exemple.

La séduction fait-elle toujours partie de votre vie?

Oui. Si j'étais un homme je serais amoureux de moi! (rires) En revanche je déteste les allumeuses. Ca, je ne l'ai jamais été. Je déteste jouer avec les gens.

Aimez-vous la femme que vous êtes devenue?

C'est celle que j'ai toujours été. Quand je me regarde dans la glace, je n'ai honte de rien, je suis juste une fille exubérante...

Vous préférez qu'on vous appelle Madame où Mademoiselle?

Les actrices on les appelle Mademoiselle? Même quand j'aurai 80 piges, je n'y arriverai pas, je serai Mademoiselle. (rires) En même temps, Madame, j'aime ça aussi, j'aime bien l'idée du mariage, j'ai été mariée, qui dit que je ne recommencerai pas?

 

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